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Les dangers des traitements anti reflux et brûlures d’estomac

Il y'a 3 mois

Les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) sont une classe de médicaments qui empêchent votre estomac de produire les acides afin de traiter les symptômes tels que les reflux et brûlures d'estomac.

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Pourquoi les IPP peuvent être dangereux pour votre santé?

De par leur prescriptions massives, souvent trop systématique , parfois injustifiées et sur des durées trop longues, les inhibiteurs de la pompes à protons (IPP) que la plupart d’entre vous connaissent sous le nom de oméprazole (Mopral), esoméprazole (INEXIUM), lansoprazole (LANZOR, OGAST), pantoprazole (INIPOMP, EUPANTOL), rabeprazole (PARIET) sont dans la ligne de mire de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et de la Haute Autorité de Santé (HAS).1,2

Ces médicaments sont effectivement utilisés pour réduire la sécrétion acide au niveau de l’estomac et sont indiqués dans la prise en charge du reflux gastro-œsophagien (RGO) et des ulcères gastro-duodénaux. 16 millions de patients, soit environ un quart des Français, sont traités par inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) avec une progression du volume de consommation au cours des 5 dernières années or plus de la moitié des usages ne serait pas justifiée.

Bien que très bien tolérés à court terme car ils présentent très peu d’effet indésirables, le phénomène de rebond acide lié à l’arrêt du traitement responsable d’un syndrome de sevrage3,4 pose des difficultés au patient à arrêter le traitement le conduisant ainsi à une prise chronique, qui elle les expose à des effets indésirables parfois graves.

Voyons ensemble quels en sont les réels tenants et aboutissants: 

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Par définition, les IPP bloquent l’acidité de l’estomac ce qui n’est pas sans conséquence puisque celle ci à plusieurs fonctions essentielles!! En effet dans notre estomac le pH est très acide et cela permet de modifier la conformation des protéines alimentaires et d’assurer ainsi leur bonne digestion. Elle permet d’activer la pepsine l’enzyme capable de découper les protéines en petits morceaux pour permettre l’assimilation de leur constituants: les acides aminés. Si on bloque cette acidité la digestion des protéines sera impactée.

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De ce fait, l’absorption dans notre organisme de la vitamine B12 indispensable au métabolisme et au fonctionnement de toutes nos cellules, qui provient quasi-exclusivement d’aliments d’origine animale (la cobalamine est liée à des protéines animales) va elle aussi être impactée5. Une prise chronique d’IPP peut entraîner des déficits et des carences responsables d’effets indésirables hématologiques comme des anémies mégaloblastiques, des pathologies neuropsychiatriques et autres atteintes cognitives6. 

Mais ça ne s’arrête pas là, d’autres micronutriments vont voir leur absorption perturbée de par ce manque d’acidité: l’absorption du fer, du magnésium, du calcium vont également être impactée.

D’ailleurs une dizaine d’études épidémiologiques mettent en évidence le risque osseux lié à la prise d’IPP au long cours. En effet le risque de de fractures de hanches, de col du fémur, de vertèbres et de poignets est augmenté 7,8,9.

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Pour autant il n’existe à ce jour aucune recommandations officielle sur la mise en place de dépistages de ces déficits de manière à pouvoir agir en prévention par le biais de mesures nutritionnelles et de supplémentation adaptée et personnalisée.

Le rôle de l'acidité

Revenons en au rôle de cette acidité et bien elle a aussi un rôle de défense et nous protége du développement de nombreux micro organismes et autres pathogènes. C’est pourquoi les IPP à long terme expose les patients à des infections diverses notamment par le clostridium difficile, des pneumopathies et des listerioses. De plus, votre microbiote intestinale peut également être altéré. Les IPP peuvent entrainer une dysbiose10 c’est à dire un déséquilibre entre les bactéries bénéfiques et néfastes pour votre santé pouvant entrainer un SIBO: small intestinal bacterial overgrowth. En cas de SIBO on observe une prolifération bactérienne anormale dans l’intestin grêle, ainsi que par la présence de bactéries n’y résidant normalement pas qui vont entre autre fermenter les glucides donnant lieu à la formation de gaz11.

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L’augmentation de la quantité de bactéries dans l’intestin grêle peut être à l’origine de lésions de la muqueuse de l’intestin grêle. Selon l’ampleur de ces lésions et en raison de la déconjugaison des sels biliaires par les bactéries il est possible d’observer différentes malabsorptions12,13.comme une mauvaise digestion des graisses qui se repère facilement par un symptôme classique la stéatorrée: c’est a dire des selles grasses et collantes

Des cas rares de néphrite interstitielle aiguë (NIA) ont été rapporté sous IPP et semble concerner préférentiellement les sujets âgés (âge moyen 78 ans), le plus souvent avec polymédication et comorbidités, et les femmes.

Enfin le risque relatif de développer une tumeur gastro-intestinale à été mesurée chez des animaux mais des études épidémiologiques montrent des résultats contradictoires, le doute persiste…

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Pour terminer cet article je souhaite également attirer votre attention sur un point important, voir même une idée reçue. Dans votre esprit les symptômes typiques du RGO (brulures, remontées acides) sont dues à un excès d’acidité or c’est faux! Bien souvent, et notamment en vieillissant il se produit physiologiquement une diminution de la sécrétion acide naturelle par les cellules pariétales de l’estomac, or cette hypochlorydrie voir même achlorydrie (absence d’acidité) est responsable de RGO. En effet par manque d’acidité la digestion se fait mal, les aliments stagnent, fermentent, des gaz se forment exerçant ainsi une pression sur le sphincter et du RGO. Et pour autant de nombreuses personnes âgées sont traitées par des IPP…

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Mes conseils

Si vous êtes sous IPP depuis longtemps, sachez qu’il est possible en accord avec votre médecin bien évidemment de se sevrer d’un IPP. Celui ci doit-être très progressif avec une diminution de la posologie sur plusieurs semaines jusqu’à atteindre l’arrêt total sans phénomène de rebond acide. 

Le pharmacien est alors tout à fait à même de vous proposer des solutions naturelles pour pallier aux éventuels désagréments pendant le sevrage. La gelée d’aloé vera de part son rôle protecteur, réparateur, cicatrisant de la muqueuse de l’oesophage est très interessante (2 doses de 25ml par j en attaque).

Une spécialité est incontournable selon mon expérience en conseil c’est NEOBIANACID de Aboca: comprimés à croquer naturels qui réunissent des complexes moléculaires de végétaux et minéraux à base d’ingrédients issus de l’agriculture biologique parfait pour un soulagement rapide. De plus ils peuvent être utilisés sur du long terme.

Les tisanes et infusions de souci, plantain, guimauve, réglisse, camomille sont très apaisantes pour la muqueuse digestive, elles sont donc la bienvenu dans votre quotidien.

Enfin si depuis le début de votre traitement par IPP vous avez remarqué des difficultés pour digérer, vous avez des gaz vous pouvez avoir recours à la prise d’enzymes myceliennes qui vont venir pallier à l’insuffisance de digestion puisque celle ci sont actives sur une large échelle de pH. Ce sont généralement des petits comprimes à prendre au milieu du repas. Elles vous apporteront du soulagement le temps que vous puissiez arrêter votre IPP en accord avec votre médecin.

 

 

 

1- 👉 voir l’étude

2- 👉 voir l’étude

3 Reimer C, Søndergaard B, Hilsted L, Bytzer P. Proton-pump inhibitor therapy induces acid-related symptoms in healthy volunteers after withdrawal of therapy. Gastroenterology. 2009 Jul;137(1):80-7, 87.e1. doi: 10.1053/j.gastro.2009.03.058. Epub 2009 Apr 10. PMID: 19362552.

4- Niklasson A, Lindström L, Simrén M, Lindberg G, Björnsson E. Dyspeptic symptom development after discontinuation of a proton pump inhibitor: a double-blind placebo-controlled trial. Am J Gastroenterol. 2010 Jul;105(7):1531-7. doi: 10.1038/ajg.2010.81. Epub 2010 Mar 23. PMID: 20332770.

5- MarcuardSP, AlbernazL, KhazaniePG. Omeprazole therapy causes malabsorption of cyanocobalamin (vitamin B12). Ann Intern Med 1994;120:211–5.

6- Dali-Youcef N, Andres E. An update on cobalamin deficiency in adults. QJM 2009;102:17-28.

7- Targownik L, Luo Y, Goertzen A, et al. Comparing bone structure and bone metabolism between long-term proton pump inhibitor users and non-users. Gastroenterology 2015;148:S-153.

8- Eom CS, Park SM, Myung SK et al. Use of acid-suppressive drugs and risk of fracture: a meta-analyse of observational studies. Ann Fam Med 2011;9:257-67.

9- Ngamruengphong S, Leontiadis GI, Radhi S et al. Proton pump inhibitors and risk of fracture: a sytematic review and méta-analysis of observationnal studies. Am J Gastroenterol 2011;106:1209-1.

10- Lombardo L, Foti M, Ruggia O, Chiecchio A. Increased incidence of small intestinal bacterial overgrowth during proton pump inhibitor therapy. Clin Gastroenterol Hepatol. 2010 Jun;8(6):504-8. doi: 10.1016/j.cgh.2009.12.022. Epub 2010 Jan 6. PMID: 20060064.

11- Posserud I, Stotzer PO, Björnsson ES, Abrahamsson H,Simrén M. Small intestinal bacterial overgrowth in patients with irritable bowel syndrome. Gut. 2007;56:802–8.

12- Shindo K, Machida M, Koide K, et al. Deconjugation ability of bacteria isolated from the jejunal fluid of patients with progressive systemic sclerosis and its gastric pH. ­Hepatogastroenterology. 1998;45:1643.

13- Donaldson RM Jr. Role of enteric microorganisms in malabsorption. Fed Proc. 1967;26:1426.

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